vendredi 4 octobre 2013

rapport IPSO - Blue Charity Business at work - offshore oil & gas

BEWARE, BLUE CHARITY BUSINESS at Work ! Attention, Blue Charity Business au travail

Quand différentes échéances se télescopent, c'est un vrai déchainement de rapports issus du Blue Charity Business. Au niveau des échéances nous avons tout de suite :
  • le rapport 2013 du GIEC sur le réchauffement climatique
  • le vote au Parlement Européen du prochain régime d'aides à la pêche et la désinformation sur les bénéficiaires envisagés des subventions à la construction - seuls les vieux navires de moins de 12 m engins passifs seront concernés, très encadrés, autant dire une poignée - alors que le Blue Charity Business veut faire croire que cela concerne les navires industriels et les flottes "obèses" selon les mots de Greenpeace.
  • la charge du blue charity Business sur la pêche des grands fonds dans la perspective d'une interdiction du chalut des grands fonds, d'une extension à tous les chaluts de l'interdiction et de libérer le terrain pour le pétrole offshore si cher au député européen Chris Davies.
  • Certainement des échéances sur le pétrole et la négociation du marché des droits à polluer
  • Le début des négociations de l'accord de libre échange UE-USA.
Bref, voici le contexte pendant lequel une série d'études sort de façon fort à propos sur l'état de santé des océans, le rôle des requins, et tout ce beau monde est finalement impacté par la surpêche et ses subventions et ses engins néfastes, comprenez le chalut.  Cas d'étude, le rapport IPSO sur l'état des Océans.



Cet article montre comment des initiatives "scientifiques" et "politico-économiques" sur la haute mer, qui peuvent sembler déconnectées, sont en fait, sous couvert d'écologie, issues, conçues, financées et pilotées par les fondations "caritatives" américaines et les intérêts pétroliers indirects (PEW) et directs (SHELL étant le plus visible). La communication sur le réchauffement climatique (bien réel) et les menaces sur les océans (soit disant dans une perspective internationale sur la haute mer) viennent en fait préparer l'opinion publique à un lobbying contre les subventions du futur régime d'aide Européen sur la pêche actuellement en négociation. Si les négociations en cours ont rouvert une porte sur des subventions à la construction neuve, celles-ci ne concerneront que les très petits navires, les plus âgés, et avec des conditionnalités telles quelles ne seront de toute manière que très peu utilisées. En aucune manière elles ne concernent les navires de plus de 10/12 m. En matière de surpêche sur les zones ciblées, à savoir principalement la zone Atlantique Nord-Est, les stocks aujourd'hui sont en reconstitution. La plupart des stocks sont en pêche durable, dans des conditions qui ne mettent pas en péril une approche de gestion de précaution, et de plus en plus de stocks atteignent le maximum de cette durabilité. Le résultat de cette amélioration ne peut pas être attribué aux pressions écolo-pétrolières qui sont en cours, mais aux efforts de long terme des politiques précédentes, et des sacrifices des filières pêches européennes, qui ont vu leur taille déjà réduite fortement.
Egalement, cet article n'aborde que la question pétrolière, mais nous savons que cette thématique concerne d'autres intérêts géostratégiques maritimes, qu'ils soient économiques (minéraux rares, tourisme, spatial, communications), militaires, ou éthico-religieux (retour à l'Eden sur terre, idéalisation urbaine de la nature sauvage).
L'objectif de ces pressions écologico-pétrolières dans le cadre de la réforme de la Politique Commune des Pêches, est de tisser un canevas de mesures extrêmement contraignantes par des actions directes (interdictions de pêcheries) ou indirectes (mesures techniquement inapplicables et/ou agissant très fortement sur la rentabilité directe des entreprises). Le résultat attendu est une diminution significative de la taille des flottilles restantes et les voir abandonner des zones de pêche à fort potentiel de développement énergétique, et notamment pétrolier. Ce développement pétrolier est encouragé dans des limites de risques très strictes, qui ne voudront pas prendre le risque d'une cohabitation avec des activités de pêche. Il est accepté de la part d'une écologie capitaliste, ou non, et des ONGE financées par l'argent du pétrole, qui savent que le tout "non pétrole" n'est pas possible et qui préfèrent le développer en Europe. Il est accepté car il est vendu avec la possibilité de jouer un rôle actif dans la réduction de CO2 par la technologie de CCS - Carbone Capture and Storage, c'est à dire la liquéfaction du CO2 atmosphérique pour la ré-injecter dans les couches géologiques. Et tout ceci doit se passer en mer, conjointement avec le développement des énergies renouvelables marines dont les opérateurs sont eux-mêmes pour la plupart des énergéticiens pétroliers (cf. Dong par exemple) ou des opérateurs technologiques de l'offshore pétroliers en diversification. En mer pour limiter les risques pour les populations. En mer pour les réserves d'espaces et pour la présence des ressources. Enfin, nous verrons que cette approche est mondiale, ne serait-ce que par l'ambition de la haute-mer,  et qu'elle rend aussi probablement compte d'une lutte entre les sociétés pétrolières occidentales et celles des pays émergeants (Brésil, Russie, etc.).

Du réchauffement climatique à la surpêche et aux subventions, ça ne manque pas d'air !



L'IPSO annonce la sortie d'une publication scientifique majeure  sur l'état des océans qui est reprise en boucle dans plusieurs publications. Vous ne trouverez ici que le lien en Français qui reprend la dépêche AFP, mais REUTERS et beaucoup d'autres l'ont repris : http://www.ladepeche.fr/article/2013/10/03/1723037-acidification-desoxygenation-rechauffement-un-trio-mortel-pour-les-oceans.html

Cette publication fait elle-même suite à la parution d'une étude montrant que les récifs coralliens sont en danger, à cause du réchauffement climatique mais surtout à cause de la pêche des requins (Le monde 23 septembre 2013). 

La publication IPSO est très fortement reprise sur les médias sociaux par la Global Ocean Commission GOC, ce Davos de la mer initié par OCEANS5 en 2011 (alliance de fondations du Blue Charity Business), dont Dave Milliband est la personnalité publique mise en avant, et dont la fondation caritative de la famille pétrolière PEW assurait au début la logistique et le financement, via The Oxford College, avant de devenir en affichage un partenaire à part entière, ce qu'ils ont probablement toujours été. (cf Partners). 

Cette Commission Globale des Océans concrétise en fait une volonté de fondations américaines sur la haute mer que nous identifions comme une tentative de main mise sur cet espace par des pouvoirs industriels occidentaux.

En 2011, la GOC identifiait les menaces sur les océans en citant en premier lieu la pêche. D'ailleurs dans ces objectifs elle pointait immédiatement comme les 3 premières menaces : 1°) La surpêche 2°) la perte de biodiversité sur des habitats de grandes échelles et 3°) le manque de contrôle des pêches en haute mer. C'est un des grands classiques, où on présente les menaces sur les Océans en lui associant systématiquement la surpêche comme vecteur médiatique. Ceci étant dit sans remettre en cause l'existence d'une surpêche. Mais la GOC l'amplifie et la met au coeur des menaces.

L'article IPSO quant à lui est présenté de façon déconnecté de la GOC, plutôt bénéficiant du support de l'IUCN. Il est même présenté comme une parution scientifique autonome. Vous pouvez néanmoins trouver mention de chercheurs d'Oxford dans cette publication, et même de son directeur Dr Alex Rodgers.

Dans cet article IPSO, même argumentaire : les menaces immédiates sont acidification, désoxygénation et réchauffement, "trio mortel" [sur lequel le secteur pêche est assez d'accord d'ailleurs], mais on arrive tout de suite en quatrième point la surpêche et ses recommandations portent en fait sur la surpêche, au travers des subventions qui créent de la surpêche et du fait des engins de pêche les plus destructeurs (comprenez le Chalut).


C'est quoi IPSO ? International Programme on the State of the Ocean. Le site http://www.stateoftheocean.org/  est dans la mouvance du RIO+20. Il a aussi le soutien de la High Seas Alliance dont PEW est membre, avec 27 autres ONGE et l'IUCN . http://highseasalliance.org/member-info Vous y trouvez la composition classique d'alliance telle que celles des alliances d'ONGE pilotée par PEW , dont ceux qui interviennent sur l'Europe : Birdlife International, GreenPeace, Marviva, OCEANA, PRETOMA, THETYS, NRDC, WWF, PEW, IUCN et IPSO qui là est présenté donc comme une ONGE et non plus comme un programme scientifique censé être indépendant.

Sur cette page de vidéos de la high Seas Alliance, et en particulier la dernière, vous retrouverez des têtes bien connues http://highseasalliance.org/resources . Les liens avec la Deep Sea Conservation Coalition (coalition PEW, dont BLOOM est membre, d'ailleurs Bloom est membre de toutes les coalitions PEW), la GOC sont explicites. Pr Alex Rogers (directeur scientifique d'IPSO), Matthew Gianni DSCC, Duncan Currie (International Oceans Lawyer), Kristina Gjerde (ocean Law expert, IUCN).... 

Le programme IPSO, la GOC et la high Seas Alliance font bien partie du même "club" et des mêmes ressources "humaines". S'il était encore besoin de le prouver, le programme IPSO est porté par la Zoological Society of London,  l'université d'Oxford en assure sa présidence avec le Prf Alex Rogers (en plus de sa direction scientifique du programme), professor of Conservation Biology du Department of Zoology.  http://en.wikipedia.org/wiki/International_Programme_on_the_State_of_the_Ocean

 

ZSL, Zoological Society of London


Réalisons un petit zoom sur la zoological Society of London ZSL, ses financements et les liens de personne. Sans réaliser une recherche étendue, on peut simplement rechercher dans le web des associations de mots clés. 

Par exemple : en croisant ZSL et PEW on retombe sur le Global Ocean Legacy program de PEW, avec par exemple Pitcairn (Territoire Britannique du Pacifique, dans l'Est de la Polynésie française) qui semble avoir un intérêt ces derniers temps : http://www.pewenvironment.org/news-room/reports/pitcairn-marine-research-outline-plan-85899503587 Il faudrait creuser le bilan géostratégique de Pitcairn, mais vu sa position on peut déjà identifier surement la maîtrise générale militaire des ZEE du Pacifique, l'alliance USA/Royaume Uni et les minéraux profonds.  La ZLS apparait également comme co-intervenant des bourses des Marine PEW Fellowship http://www.pewenvironment.org/research-programs/marine-fellow/id/8589941841/news, et aussi partenaire de PEW sur des thématiques en relation avec RIO+20 http://www.youtube.com/watch?v=GkQa1cyvHXE 

Si on croise PEW ZLS et Chagos, c'est encore plus intéressant : http://www.chagos-trust.org/news/chagos-becomes-no-fishing-zone et aussi http://www.pewtrusts.org/news_room_detail.aspx?id=57634 . Pour mémoire Wikileaks a dénoncé le rôle de PEW dans ce coup de bluff majeur géopolitique sur une zone éminemment géostratégique pour les USA et l'Angleterre que l'on classe en Aire Marine Protégée sans pêche, et donc sans pêcheurs mauriciens-chagossiens. Rappel : les Chagos sont un archipel détenu par le Royaume-Uni dans l'océan Indien, loué aux USA qui y ont installé une base américaine aéronavale en provoquant le déplacement des chagossiens renvoyés à Maurice. La possession de cet archipel par le Royaume-Uni est contestée par Maurice. Le classement opportun des Chagos en AMP sans pêche rend donc bien service au Royaume-Uni, et la ZLS y aurait donc joué un rôle.

En cherchant d'autres connections entre la ZLS et différents intérêts industriels, on arrive de façon surprenante à ce document. La ZLS est dans la "galaxie" du prince Philip (UK), de son fils le Prince Charles. Le prince Philip est un ex président du WWF qui a pris la succession du Prince Bernhard (Pays-Bas). Des liens sont évoqués avec Royal Dutch SHELL, UNILEVER et d'autres comme SEA SHEPERD (qui a fait récemment alliance avec Bloom association sur la thématique requin à l'ïle de la Réunion évoquant des "massacres"). Le prince Philip, pour les Français c'est le mari de la Reine Elizabeth II

 

SHELL, le Carbone Stockage et Capture et les futures subventions européennes ... à l'industrie pétrolière !

 

AP/scanpix via upstream
L'examen très rapide de la ZLS amène d'autres liens entre ces questions maritimes, climatique, conservation des océans et sociétés pétrolière :  SHELL, PEW, ou British Petroleum dont la participation au conseil d'administration de WWF international vient d'être rappelée, ou Total sur le financement de la biodiversité marine ...

Shell est décidément bien visible dans ces associations. Les liens entre SHELL et Chris Davies sont documentés. A tel point que cela a valu à Shell l'honneur d'être récompensé par les sirènes en colère : http://www.angrymermaid.org/fr/shell.html :
(c) Angry Mermaid Awards
 (Angry Mermaid Awards) :
"Shell a également exercé des pressions importantes sur le Parlement Européen, principalement par le biais (et non "sur") du député au Parlement Européen Chris Davies, le rapporteur responsable du CSC (Carbone Stockage and Capture) au Parlement. Davies affirme que « la réflexion stratégique de Shell et la défense énergique de ses idées ont joué un rôle essentiel pour faire du développement de la technologie de séquestration du carbone une priorité au sein de la stratégie de l'UE pour réduire les émissions responsables du réchauffement planétaire ». Chris Davies a admis qu'il avait intégré les idées de Shell. David Hone, le conseiller de Shell en matière de changement climatique, « a joué un rôle important dans l'élaboration de l'idée d'utiliser les quotas d'émissions de carbone comme un moyen de soutenir les dépenses d'investissement dans le CSC », a déclaré Davies. En juin 2009, le groupe de pression basé à Bruxelles Eurelectric, qui représente les plus grosses centrales électriques d'Europe, était si satisfait de la défense efficace des positions de l'industrie sur le CSC faite par Davies au sein du Parlement Européen qu'il lui a remis une récompense spéciale."

Cette position en faveur du CSC ou CCS  va se traduire finalement par cette motion de vote au Parlement Européen, en février 2012, sur un rapport présenté par Chris Davies "Feuille de route vers une économie compétitive à faible intensité de carbone à l'Horizon 2050 "On a Roadmap for moving to a competitive low carbon economy in 2050".

Dont on peut détailler les points suivants :
"E. considérant que l'industrie doit être exactement informée de la stratégie de l'Union européenne visant à parvenir à de faibles émissions de carbone, une stratégie qui doit être également soutenue par la sécurité réglementaire, des objectifs ambitieux et des mécanismes judicieux de financement, en vue d'effectuer des investissements verts à long terme"
 "6.  rappelle que le Parlement européen s'était déclaré, dans la perspective de la Conférence de Durban sur le climat, en faveur d'un relèvement au delà de 20 % de l'objectif de réduction des émissions de CO2 à l'horizon 2020"
"9.  souligne que le passage à une économie à faible intensité de carbone pourrait contribuer largement à la création d'emplois tout en garantissant la croissance économique et en offrant un avantage concurrentiel à l'industrie européenne;"
20. reconnaît que le système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE) est le principal instrument, mais pas l'unique, qui permette de réduire les émissions de l'industrie et de favoriser les investissements dans des technologies à faible intensité de carbone;
etc.

et concernant le piégeage et stockage du carbone CSC :
"

60. est d'avis qu'il est important de recourir aux techniques de piégeage et de stockage du carbone, lorsque cela est faisable, pour pouvoir atteindre, au moindre coût possible, les objectifs relatifs à la réduction des émissions de carbone et est conscient du fait que les délais de procédure, l'insuffisance des dotations financières et le manque d'engagement de certains États membres contrarieront probablement la volonté du Conseil européen d'avoir 12 projets de démonstration en la matière qui soient opérationnels d'ici à 2015; demande à la Commission de publier un plan d'action pour le piégeage et le stockage du carbone; reconnaît que les techniques de piégeage et de stockage du carbone ne seront pas appropriées dans tous les cas, même à l'horizon 2050, et qu'elles pourraient bien rester limitées aux grandes installations et à éviter les émissions générées par les processus industriels; demande qu'un soutien soit accordé aux technologies de pointe dans d'autres domaines afin d'augmenter l'efficacité énergétique et d'abaisser la consommation d'énergie, afin d'apporter des solutions en dehors du cadre des techniques de piégeage et de stockage du carbone;
61. demande à la Commission de proposer que les fonds afférents, au titre du programme européen de relance économique, à des projets de piégeage et de stockage du carbone et non utilisés, soient réaffectés à des projets de démonstration alternatifs dans le domaine du piégeage et du stockage du carbone;

Qui est capable aujourd'hui de mettre en œuvre des projets démonstratifs de piégeage et stockage du carbone ? qui sinon l'industrie pétrolière en mer, qui essaye de développer des techniques pour combiner l'injection de CO2 liquéfié et l'exploitation pétrolière offshore, industrie pétrolière qui doit se développer dans les eaux européennes (cf Pétrole offshore, rush sur les grands fonds), qui pourrait aussi tenter d'émarger sur les fonds anti réchauffement, voire le système d'échange de quotas d'émission, et qui permettrait à l'Europe d'être moins dépendant du pétrole distant.

Qui peut avoir un intérêt à développer cette industrie européenne du pétrole offshore, quand on fait le constat qu'à grande échelle les bio carburants sont une hérésie, que l'on ne pourra pas faire sans du pétrole à court terme, qu'on s'oppose à juste titre à la fracturation pour l'extraction des gaz de schistes, que l'injection de CO2 dans les couches géologiques sur des zones terrestres peut-être considérée comme très dangereuse pour les populations en cas de rupture d'une faille géologique (risque d'asphyxie localisé) ? Mais que ce CCS pourrait permettre une lutte contre le réchauffement climatique ?



M. Davies continue sur sa lancée. Le document ci-contre est intéressant à lire : Carbone Capture and Storage Technology in Europe, (version EN) actes d'un atelier qui s'est tenu en 2013 : Les participants en p 6. dont MM Chris Davies en tant que chairman, Bill Spence, vice president for CCS and strategic issues at Shell, seul intervenant représentant l'industrie, sur (p 8) "what does the involved Industry expect from CCS?" "Qu'attendent les industriels concernés de la technologie CSC ?", Graeme Sweeney (p12) qui en plus de ses fonctions de Chairman de beaucoup d'institutions, a fait 35 ans de carrière chez SHELL, mais qu'on identifie finalement dans cette publication assez peu comme lié à groupe.





Bien joué Monsieur Chris Davies ! Embrassez donc ce cabillaud pour la pause photo d'OCEAN2012, ou remplacez ce poisson par une coquille Saint Jacques pétrolière... Nous sommes très heureux pour vous et probablement SHELL de vous. D'autant que vous jouez franc-jeux :

A creuser donc. D'ici à ce que l'on découvre une OPA sur le marché européen des droits à carbone par l'industrie pétrolière, marché qui pèse plus de 300 milliards d'euros,.... mais bon, il ne faut pas voir le mal partout.


PEW, SHELL, le pétrole Arctique...  ou bien le pétrole occidental contre le pétrole des pays émergeants, ou bien la géostratégie des océans ?

Pew, en tant qu'institution ONGE, ou think-tank proche des pouvoirs et centres de décision, s'oppose-t-il vraiment aux forages dans l'Arctique? Oui,  ... mais non. Cet article paru il y a 3 jours laisse penser que PEW montre les dents : il faut des normes plus contraignantes pour forer en Arctique. Et vu les permis d'exploitation obtenus par Shell en Alaska, cela semble les exposer directement. Mais lisez bien : on parle de normes plus contraignantes, pas d'interdiction. De même que pour les forages en grands fonds, PEW exige plus de garanties de sécurité environnementales, comme la nouvelle réglementation européenne le propose aussi (cf pétrole offshore, rush sur les grands fonds). Mais pas d'interdiction.

Retour à un peu d'histoire de l'activité pétrolière. Les années 1990 voient des cours du pétrole relativement faibles. Les compagnies pétrolières occidentales doivent maintenir leurs marges, et décident de favoriser des intervenants pétroliers moins onéreux mais tout aussi efficaces techniquement : PETROBRAS (Brésil), GASPROM (Russie), etc. Fin des années 2000, les sous-traitants deviennent cotraitants, puis donneurs d'ordre, voire concurrents (s'il est possible de bien comprendre ce que veut dire la concurrence entre grande entreprises pétrolières internationales). Mais bon, concurrents quand même, si on en a une lecture géostratégique.
Augmenter les exigences peut permettre de régler des phénomènes de concurrence également.  

Les grandes manoeuvres énergétiques et industrielles dans les océans sont en cours. Très probablement dans la zone arctique, mais aussi ailleurs dans le monde. Comprendre les mouvements autour de la pêche et de la conservation marine nécessite d'ajouter des grilles de lecture géostratégiques plus larges, comme le pétrole, la Défense ou les  minéraux marins.

Par exemple sur les Malouines, les dernières revendications entre l'Argentine et le Royaume-Uni, présentées comme un accès aux ressources halieutiques et activités de pêche, s'effectuent en fait sur fond géostratégique de pétrole offshore. C'est Shell qui était concerné au début. Mais depuis nous avons à la manoeuvre notamment PETROBRAS (camp Argentin) contre d'autres compagnies Britanniques. Consultez cet excellent article de la revue CARTO en décembre 2010 - les malouines toujours revendiquées. Et admirez cette magnifique carte produite par la revue Carto.
(c) CARTO - lien ci-dessus
Cela ne concerne d'ailleurs pas que les USA et le Royaume-Uni. Les programmes d'extension des zones d'intérêts économiques par les extensions des plateaux continentaux concernent aussi la France, (cf avis récent du CESE dans le cadre du programme EXTRAPLAC). La France lance aussi son initiative et son appel pour la haute mer. cf http://www.lemarin.fr/articles/detail/items/-1786.html et http://www.lahautemer.org/appel/


N'oublions pas :