vendredi 1 mars 2013

Science-based Lobbying

Le lobbying qui s'appuie sur la science [Science-based Lobbying]

Translation : google translation only
 
lllustration tirée du document suivant du WWF
Dr Magnus Johnson, biologiste marin du centre  pour les sciences environnementales et marines a récemment écrit [version française | version anglaise] :
"Conservationsists love the word SCIENCE. [...] generally organisations claim this word when they are striving to acquire power and prestige and to suppress opposition. The public find it hard to question “scientific facts” and a variety of techniques are employed by conservation organisations – selective choice of facts to use, using irrelevant but impressive sounding facts and ignoring inconvenient truths".
"Les militants de la conservation de la nature vierge adorent le mot science. Ces organisations brandissent généralement ce mot quand elles font tout pour acquérir de la puissance et du prestige et pour supprimer toute opposition. Le grand public a du mal à remettre en cause les faits scientifiques. Et une grande variété de techniques est employée par ces organisations, comme le choix de ne retenir que certains faits seulement, en utilisant des faits peu  pertinents mais ayant une forte impression sur l'opinion publique, et en ignorant les autres vérités qui les dérangent."


Les ONGE et les fondations ont fait un usage extrême de la science. Le rapport Blue Charity Business (BCB) a montré que plus de 90 millions de US$ ont été investis sur le Science-based-lobbying concernant les océans sur la période des années 2000 à 2011. Et ce en privilégiant certaines écoles de pensée uniquement. Il s'agissait de centres de recherche essentiellement nord américains au début, auxquels se sont ajoutés tous centres de recherche concordant avec les argumentaires qui promeuvent les idées des conservationnistes. A ce jour, le rapport BCB a identifié les types d'actions suivants :
  • Financement direct de centres de recherche
  • Création à partir de rien de centres de recherche
  • Financement de bourses de recherche ou d'activistes (les 2 étant mélangés sous le même type de vocables pour donner à ces activistes une légitimité scientifique) cf. les PEW Marine Fellowship. Ces activistes sont mis en réseaux pour pouvoir facilement signer des "pétitions de scientifiques".
  • Co-signatures de publications scientifiques par des scientifiques et des activistes pour donner du crédit aux activistes.
  • Financement de structures de communication pour diffuser ces résultats scientifiques, notamment sur des agences de communication affiliées qui en assurent massivement la diffusion dans les journaux grands publics. Ceci inclut le financement d'outils de référencement et de diffusion des communications scientifiques.
  • Financement de "centres de formation" des élus et des futurs décideurs
  • Financement de sessions de formation à destination des journalistes environnementaux des grands quotidiens
  • Financement de films, documentaires, expositions et conférences qui reprennent les résultats de cette science et qui utilisent les plus militants de ces scientifiques comme des ambassadeurs d'idées.
Est-ce que les résultats scientifiques de cette science sont-ils tous faux ou orientés ? Non bien entendu. Mais premièrement ils ne sont que très peu souvent présentés avec des articles également scientifiques et les contredisant. La science, en particulièrement sur les questions halieutiques et des océans est pleine d'incertitudes. Toutes les tendances au sein de la recherche scientifique doivent être représentées, ce qui assure la richesse, la diversité et le progrès de la recherche scientifique. Et deuxièmement leur usage intensif par le lobbying et la chaîne de production/diffusion sont tellement sous la tutelle d'une école que finalement cela suffit à porter un doute sur ces travaux, quel qu'en soit le sérieux scientifique. Ce qui finalement appauvrit le débat.

Mise à jour :

Quels sont les principaux programme de recherche bénéficiaires identifiés ? - cf p 18 + annexe 5.3 p 58 du rapport Blue Charity Business
  • University of British Columbia : PEW + Lenfest, programme Sea Around Us : environ 15 millions US$ - programme de recherche - Daniel Pauly ;
  • Research Institute for Conservation Ocean Science [ex - Pew Institute for Ocean Science] : PEW + Lenfest, environ 20 millions US$ - Ce programme de recherche a été hébergé successivement par l'université de Miami et actuellement par la Stony Brook Institute for Oceans Science university of New York.
  • Pew Marine Fellowship :  PEW + Lenfest, [mise à jour en cours] - liste des bénéficiaires
  • Lenfest Forage Fish Task Force : Lenfest mais géré par PEW - cofinancements possibles.
  • Sustainable Fisheries Group : Moore, Packard, Waitt et Allen : environ 7 millions US$ - programme stratégique "Charting a course for sustainable fisheries" porté par la Bren School of Environment - University of California Santa Barbara.
  • PISCO : Partnership for Interdisciplinary Studies of Coastal Oceans : au moins 15 millions US$ de Moore. Il est porté par un groupe d'université dont l'Oregon State University. Programme de recherche qui a été porté par Jane Lubchenco.
  • Le projet GLOBAL : Walton, 4,5 millions US$, Duke University - programme de recherche.
Nota : La fondation LENFEST a un budget dédié à la recherche marine dont elle a confié la gestion au PEW Environmental Group. Ces fonds transitent par le PEW Charitable Trusts et interviennent probablement en cofinancement avec lui sur le financement du science-based lobbying.

En plus de ces programmes scientifiques, les fondations financent aussi les outils de communication scientifiques qui permettent une plus forte pénétration de ces travaux dans les médias et un usage renforcé en science-based-lobbying. Ces matériaux sont également repris par les agences de communication classiques telles que Communications Inc. Il s'agit des nombreux articles du Guardian, du Monde, d'El Pais du type "une nouvelle étude scientifique prouve que ...".

En matière de support à la communication scientifique, on retrouve :
  • Le Lenfest Marine Programme [piloté par le PEW environmental Group] - support à la communication
  • Le programme COMPASS, Packard, porté par Seaweb et initié par Jane Lubchenco - 7 millions US$
  • Le Center for Oceans Solutions, Packard, montant inconnu. Il assure aussi la formation des futurs cadres dirigeants.