jeudi 28 février 2013

Contributions de Yan Giron aux débats de Brussels Business

Translation : google translation only

Yan Giron soutient à titre personnel la démarche de Brussels Business.
Si  le système de vote en ligne est encore source de biais, la démarche présente néanmoins un intérêt car elle met en lumière des mécanismes très proches de ceux observés dans le BLUE CHARITY BUSINESS.

Il a réalisé deux contributions au débat en répondant aux questions suivantes :
  • La nouvelle PCP (politique commune de la pêche) doit-elle se baser principalement sur des facteurs environnementaux ?
  • Le registre des lobbys est-il suffisant ?


La nouvelle PCP (politique commune de la pêche) doit-elle se baser principalement sur des facteurs environnementaux ?


Original en Français :
Je suis consultant des pêches mais pas lobbyiste. Je ne vote pas "pour" ou "contre' Greenpeace ou Europêche. Je réponds à la question. Doit-on se baser prioritairement sur l'environnement ? Le développement durable c'est 3 pilier habituellement : social, économique et environnemental. A cela on doit ajouter ici un critère de gouvernance qui est particulièrement important pour le secteur collectif des océans européens.
- Vu la COMPLEXITE et la DIVERSITE des situations techniques, environnementales, économiques, commerciales, sociales et des gouvernances des pêches européennes, dans une vision éco-systémique de la question qui n'est pas une vision uniquement environnementale.
- Vu l'ultra-simplification des problématiques utilisées dans le débat sur l'état des situations des pêches,
- Vu que je ne crois pas à la nature vierge, et que je reconnais le droit à l'homme de réaliser un usage raisonné de son milieu
- Vu ce que j'ai appris en écrivant le rapport Blue Charity Business dont je suis co-auteur,
Je vote CONTRE cette question.


Le registre des lobbys est-il suffisant ?


Original en Français, Vote CONTRE cette question :
Les 2 lobbyistes avancent des arguments importants :
- il est anormal que tous les lobbyistes n'aient pas rempli le registre. Donc oui le registre devrait être obligatoire.
- la question de savoir si les députés ou décideurs l'utilisent lorsqu'ils reçoivent des lobbyistes est également importante. Donc oui il faudrait mieux utiliser aussi l'existant. Une procédure de mise en transparence sur chaque entretien devrait obliger à la présentation de la fiche à chaque fois.

Par ailleurs, un point important est la qualité de la fiche de présentation des intérêts. les renseignements doivent être contrôlés. Et en ce qui concerne la question du financement de l'activité de lobbying, ce point est loin d'être évident. Il existe de nombreuses manières de masquer volontairement ou involontairement l'origine du financement. Il suffit de faire transiter le financement par un ou plusieurs intermédiaires. Ou de pratiquer en cofinancements de financeurs non identifiés dans le même syndicat. Et/ou simplement l'éclater sur de nombreux bénéficiaires.

Pour l'avoir étudié sur un sujet précis dans Blue Charity Business [celui du financement des ONGE environnementales sur les questions des océans], c'est ce que l'on observe pour les financements issus de fondations dites caritatives américaines. Ces fondations ne sont pas neutres, il y siègent des intérêts industriels importants. Les fondations peuvent elles-mêmes recevoir des financements complémentaires extérieurs pour lesquels elles ne servent que de boîte à lettre. Et elles les ventilent sur des coalitions d'ONGE qui démultiplient ainsi leurs voix. Elles financent des scientifiques pour produire les arguments du lobbying et invitent ensuite ces scientifiques à s'exprimer comme personne de référence et de compétence, indépendante.

Aucun de ces lobbyistes, qu'ils soient d'un bord ou de l'autre ne sont élus. aucun ne peut revendiquer l'expression de la société civile. Tous sont représentants d'un groupe d'intérêts. Cette notion est peut-être une piste. Rattacher des lobbysites individuels et personnes affiliées à des groupes d'intérêts qui seraient eux mêmes astreints à une déclaration d'intérêt globale ?


Les biais de l'approche


Le système de vote a tendance à privilégier le plébiscite à l'un ou l'autre des lobbyistes et fait oublier la question. Mes votes ont été faits en fonction de la question, non pas en soutien à l'un ou l'autre.

Par ailleurs, les résultats du vote sont également le résultat de la capacité de chaque camp à mobiliser ses militants pour voter. Ce fut le cas notamment pour le vote sur la Politique Commune des Pêches européennes.

A cause de ces biais l'interprétation des résultats des votes doit être faite avec prudence.


Intérêts de la démarche


Ce qui est par contre intéressant dans cette démarche c'est :
  • Le caractère ludique et démonstrateur du système de vote
  • Une certaine vulgarisation des thématiques et un encouragement au lecteur à approfondir les débats en cherchant des compléments d'information généraux, ou à mieux se renseigner sur les arguments développés par les lobbysites
  • L'espace de débat qui permet de s'exprimer en tant que citoyen sur ces questions [même si un doute peu exister sur l'identité des contributeurs.

Yan Giron